Artistes,  Illustrations

Des copines en dessins – 4 manières de se réapproprier l’amour

Si vous me suivez sur Twitter, vous devez avoir pris l’habitude me voir retweeter un nombre relativement conséquent de fan-arts et autres illustrations certifiées Weeb™. Un plaisir perso qui m’amène à suivre un peu trop d’artistes au point d’en faire un lexique dédié. Parmi eux s’est glissé depuis quelque temps une flopée d’artistes dédiés à Love Live, licence dans laquelle je suis tombé avec la première saison de Nijigasaki en automne 2020. Jusque-là, je regardais la licence avec une certaine distance, assez peu tenté par ce qui me semblait être une comédie assez peu subtile dans son écriture avec des personnages trop rigides envers certains archétypes et codes. Mais le style visuel et l’aspiration à montrer des idoles solos plutôt qu’un groupe ont fait de Nijigasaki un très chouette visionnage. Un essai confirmé durant l’été 2021 avec Love Live! Superstar, 3ème génération « principale » de la franchise (Nijigasaki étant un peu à part).

Bref si je raconte ça, c’est que depuis je suis plutôt à fond sur la licence et dès que ça m’arrive, je vais à la chasse aux fan-arts et illustrations officielles pour assouvir ma soif en jolis dessins. Mais, à la différence de mes derniers immenses kiffes comme Anima Yell ou Urara Meirochouqui restent assez de niche, là on est sur une licence mondialement connue et ultra populaire au Japon. Donc du contenu, il y en a une pléthore. C’est aussi satisfaisant que vertigineux.

Et oui ça va parler d’elles

Aujourd’hui j’avais ainsi envie de présenter quelques artistes parmi mes préférés dans ceux dédiés à la licence. Parce qu’au-delà du simple plaisir de voir ses persos préférés être joliment croqués, je trouve tout aussi passionnant de distinguer comment chacun se réapproprie des personnages en apportant sa vision et son style à ceux-ci. Ça et puis ça me permet de forcer sur des artistes cool alors pourquoi se priver franchement.

Celtic White – Des grosses patates

Celtic White | TwitterInstagramYouTubeFacebook) | Source

Celtic White est probablement un des artistes avec le style le plus marqué de cette sélection. Pour cause, sa patte composée d’épais traits pour des personnages très rondouillets — un style très “patate” en somme — est assez unique. Ses dessins sont assez sobres, comportent généralement des personnages sur un fond uni, et occasionnellement des décors. Le tout possède un esprit bon enfant, doux et mignon. Ce qui en fait aussi un de mes fan-artistes préférés concernant Love Live.

Ses productions se décomposent essentiellement en trois genres. Des petites illustrations un peu fourre-tout qui font référence à l’actualité de la licence, comme les anniversaires. Il s’amuse aussi depuis quelques temps à s’inspirer de moments marquants des émissions des seiyuus, qu’il représente via leurs personnages. Il propose aussi de temps à autres des courtes animations rigolotes sous forme de gifs sur des thèmes similaires. Enfin, son travail le plus emblématique est certainement “Fantasy Liella“, sa série de strips qui plonge les personnages de Superstar dans un univers de fantasy. Sumire y est un dragon anthropomorphique, Keke une chevalière plus ou moins habile et les deux vont rapidement se prendre d’affection. Il en avait publié une bonne trentaine en fin d’année dernière ainsi que plusieurs strips “H-S”. L’histoire est assez simple, muette (donc pas besoin de trad), et se permet d’être à la fois tendre et touchante. En février, il a lancé une saison 2 de son histoire et une 3ème vient de débuter.

Illustration inaugurant sa 3ème saison de Fantasy Liella

Mezashi – Les ronds, c’est trop mignon (Chisato)

Mezashi | TwitterPixiv | Source

Dans le rang des artistes aux styles très prononcés et adorables, Mezashi est de loin un autre de mes préférés. Portant un des designs extrêmement rondouillet aux traits épais, ses dessins présentent également une certaine sobriété générale. Souvent monochrome, avec une teinte colorée plutôt pâle en guise d’arrière plan, l’attention se porte surtout sur les expressions des personnages que l’artiste maitrise particulièrement bien. On ressent beaucoup de vie dans ses strips ainsi qu’une agréable réinterprétation des héroïnes et de leurs personnalités. Par exemple, j’adore la manière dont elle retranscrit l’attitude plutôt blasée et distante de Sumire, qui joue un merveilleux tandem avec Keke qui est bien plus énergique et expressive — et tsundere. Niveau contenu, Mezashi propose une belle diversité à un rythme particulièrement soutenu (presque un dessin par jour). Cela peut être des strips portant sur des ships spécifiques (généralement Sumire et Keke, parfois Kanon/Chisato ou Kanon/Sumire) vivant leurs agréables vies de copines qui s’ignorent. Cela peut aussi être des dessins réagissant à l’actualité de la licence — anniversaire, un costume vu dans un visuel, du merch…. – ou simplement des envies de l’artiste. Faut-il une raison particulière pour dessiner Sumire avec des couettes après tout ? Une artiste qui propose un contenu des plus adorables en somme et qui a déjà produit de nombreux doujins autour de la franchise comme en témoigne sa page MelonBooks. Beaucoup de Sunshine (et de Hanamaru/Yohane) dans le lot et plus récemment du Liella/SumiKeke ainsi qu’un peu de Nijigasaki. L’artiste a également un compte dédié à du doujin Kimetsu no Yaiba même si celui-ci ne semble plus vraiment actif.

Kisetsu – L’amour plus fort que blockchain

Kisetsu | TwitterPixivSource

Là on est sur un cas un peu particulier puisque si l’artiste en question fait des fan-arts formidables, c’est aussi mon occasion de taper sur les crypto-bro. Alors commençons en douceur en parlant de Kisetsu en elle-même. Par rapport aux autres artistes présents dans cet article, elle a réalisé assez peu d’illustrations spécifiquement sur Love Live. En dehors de ça on peut lui compter pas mal de Girls’ Frontline, un peu de Fire Emblem et surtout beaucoup de Liz and the Blue Bird ! Pour les idols, elle propose essentiellement du SumiKeke (pour mon plus grand plaisir) mais au-delà du ship, c’est la douceur qu’elle leur apporte que j’apprécie grandement dans ses quelques illustrations. Il y a par exemple ce dessin inspiré de la fin du 10ème épisode ou notamment ce strip adorable avant le concert qui joue sur la complicité entre les deux personnages. Ça se retrouve aussi dans cette illu — dont j’apprécie la sobriété — en plein rencard, et dans celle-ci en mode « Purikura » avec la taciturne Sumire et la joviale Keke. Ce qui est d’ailleurs assez amusant, tant les autres fan-artistes ont tendance à montrer une Keke bien plus gênée (franchement tsundere oui) quand il s’agit d’être affective. Là encore, c’est amusant de voir comment chaque artiste va s’interpréter les personnages. Visuellement on est dans un ton radicalement différent, avec un style bien plus fidèle au character design d’origine, mais surtout une palette de couleur élégamment sobre. Il y a aussi un joli soin apporté aux tenues, certaines reprises des blu-ray.

Kisetsu a le très bon gout de reprendre ces tenues issues des jaquettes BR (Source)

Arrivons maintenant au moment où je m’énerve (un peu, on reste sur un article bon ambiance). Aussi formidable soit-elle, Kisetsu s’est malheureusement vu pirater en novembre 2021 par un crypto-sac à merde. Un fléau qui survenait souvent à cette période (ça semble s’être calmé) et qui est assez ironique quand on voit les arguments — pétés — envers les NFTs qui « protégeraient les artistes et leur art ». Ce qui est totalement bidon, tant ce marché sale — et polluant — fonctionne autour d’œuvres purement volées. En l’occurence, pour Kisetsu, cela a signifié perdre un compte Twitter comptant près de 33 000 abonnés. Même si elle en a refait un depuis, elle est loin d’avoir récupérer son audience avec 2200 abonnés à l’heure actuelle. Le tout pour une « technologie » mensongère (faire passer pour « unique » une chose qui est par nature de la pure reproduction) et capitaliste (ça alimente juste un marché de la spéculation de l’art toujours plus ridiculement énorme). Bref, c’était l’instant anti-NFT, ce qui compte c’est qu’elle propose de rares mais terriblement attachants fan-arts sur un merveilleux OTP que le cancer que sont les crypto-bros n’aura pas stoppé dans son élan.

Unya – Croquis d’amour

Unya | TwitterPixiv | Source

Terminons par un artiste qui est peut-être à lui seul l’origine de cet article, Unyanai étant un des premiers fan-artistes que j’ai découvert en parallèle de mon visionnage de Love Live! Superstar. Auparavant essentiellement impliqué dans des doujins Touhou avec quelques incursions avec Fate et Pokémon, il est maintenant particulièrement productif autour du ship Sumire/Keke. Comme Mezashi et Celtic White, il produit principalement des courts strips la tendre romance désavouée de ce charmant duo. Ses doujins s’avèrent néanmoins autrement plus bavards que les autres, rendant difficile leur compréhension sans une traduction bien sentie. Surtout qu’avec sa productivité effrénée (facilement plus d’une centaine de strips dédiés uniquement à SumiKeke), il a eu le temps d’étoffer sa propre approche des personnages et de leur relation. Avec sa patte crayonnée proche du croquis, il dépeint le quotidien des deux amoureuses, au sein du club ou ailleurs. Il les imagine même quelques années plus tard, entre projections futures et savoureux dramas sur des retrouvailles après une longue séparation.

Un charmant contenu plein de tendresse qui aime jouer de la personnalité des deux personnages, notamment sur leurs fiertés mutuelles qui en font deux bonnes tsundere. Et si le francophone que je suis a pu profiter de ces merveilles durant un temps grâce aux traductions de Seira, celle-ci a néanmoins arrêté depuis fin Noël 2021. Enfin, Unya propose depuis quelques mois un premier recueil de ses strips avec un trait « cleané » (sans l’aspect croquis, en gros).

Oh non des tsundere (Source, traduction par @aisareba)

En terme d’écriture pure, j’avais déjà évoqué comment Mezashi et Kisetsu apposaient leur patte sur les personnages, aussi minime soit-elle. Au-delà du plaisir de voir son OTP être tendrement illustré, je suis alors fasciné par la manière qu’a chaque artiste de livrer sa propre vision des personnages et de leurs dynamiques. Alors c’est valable pour à peu près tous les doujins, donc j’enfonce une certaine porte ouverte en disant ça. Mais c’est amusant d’observer à la fois des similitudes dans la reprise de mêmes personnages, qui restent alors fidèles tout en devenant différents. Genre Unya a tendance à livrer une Sumire assez discrète, ce qui déjà étonnant en soi vu l’aspect très grande gueule du perso, mais qui perd facilement ses moyens, tout en privilégiant les petits signes d’affections. Keke quant à elle garde son côté très « énergique » (voire surexcitée), doublée d’une sacré fierté malgré une certaine bêtise. Leur dynamique est assez proche de celle dans la série, avec une Keke qui joue la fière face à Sumire pour la taquiner dès qu’elle peut. Ces variations semblent logiques puisqu’elles dépendent de la personnalité de chaque artiste, de son humeur du moment… Ça me fascine, car il devient alors très plaisant de découvrir du nouveau contenu sur des personnages que l’on affectionne avec des styles graphiques et d’écritures différents.

50 Nuances de Keke (Source)

C’est là le fil rouge un peu imprévu de cette sélection : avoir le plaisir de voir différentes approches réappropriations de personnes que j’aime bien par des artistes tout aussi passionnés. Surtout qu’avec une licence comme Love Live, il y a une pléthore d’artistes talentueux qui produisent quasi quotidiennement du contenu autour de la licence. C’est un aspect vital pour la popularité à long terme d’une œuvre, encore plus quand il s’agit d’un projet cross-média. Je doute être tombé autant dans Love Live s’il n’y avait pas eu ces fan-arts qui ont pris la suite de mon visionnage de Nijigasaki puis de Superstar. De même pour mon implication dans le SumiKeke, alors que les délires de ship et d’OTP était un concept que je suivais d’assez loin jusque là (même si me mettre aux Fire Emblem aura entamé une bonne partie du travail). Alors il ne faut pas oublier l’aspect commercial derrière, non pas pour les artistes — qui font souvent ça en amateurs — mais pour les producteurs. Pour rester sur le cas de Love Live, il y a un intérêt évident à ce que la série vive continuellement en dehors des animes. Et même si les mobage ou les concerts participent à cet entretien continu, avoir un soutien bénévole d’une flopée de fans talentueux ça ne se refuse. Je ne peux m’empêcher d’y voir un poil de cynisme quand les seiyuus font leurs émissions avec des murs exposant derrière elles de nombreux fan-arts, comme une façon de flatter cette même communauté. Bon je m’égare, ça reste un mou’ sympathique pour remercier ces mêmes artistes (même si l’on peut difficilement savoir leurs noms…).

Pour terminer sur une note plus joyeuse, suivre une communauté aussi vaste et créative cela reste assez kiffant à vivre au quotidien. Surtout que je n’ai pas évoqué toutes les initiatives de fans en matière de traductions, d’archivage du contenu… Il y a l’agréable sensation de débloquer tout un nouvel univers à explorer, de contenus et d’artistes à apprécier, qui est hautement satisfaite. Longue vie à ces artistes qui bénissent ma TL et dont je spasme allègrement la votre, jusqu’à toucher d’autres fans qui les partageront eux aussi à leur TL à leur tour. C’est le cycle de l’amour.

💖 (Source)

Source de la une : Twitter d’Unya

Sociologue des weebs. Se nourrit de moe et d’iyashikei. Anima Yell c’est l’amour.

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