Gaekothèque

Entre idols et fin du monde, retour sur mes douceurs automnales

On approche de l’hiver et c’est génial, je peux de nouveau écrire enroulé dans un plaid avec un chocolat chaud à portée de main. C’est aussi une période propice aux activités d’intérieur, surtout les jours de pluie, et donc à la lecture et autres visionnages de produits culturels divers. Je m’en suis agréablement souvenu durant l’écriture de cet article et je compte bien profiter des basses températures encore un moment (pour écrire ou glander, mystère). Néanmoins, ce n’est pas ce qui m’a motivé à ressortir une énième fois la Gaekothèque, ce format à l’architecture aléatoire mais tellement pratique quand je veux partager des oeuvres cool. À la base, je voulais juste écrire un truc sur Love Live! Superstar! qui était mon coup de coeur anime de l’été. Et comme j’étais dans une période où je finissais d’autres trucs très bons (Kamichu, Ted Lasso), l’occasion était trop belle.
Vous trouverez donc ici ce que j’ai le plus aimé dans mes lectures et Au programme : un peu de tout, des animes aux films live en passant par quelques mangas bien sympathiques. Bonne lecture ~

“Regardez ça va parler de nous !”

Tendres fantaisies

Kamichu : Après un long visionnage de plus d’un an, j’ai enfin conclu cette excellente tranche de vie un peu “old school” de 2005. Une bien chouette expérience qui reste encore aujourd’hui plutôt originale dans son mix d’éléments mystiques au quotidien d’une banale lycéenne. On a ainsi droit à des moments bien fantasques mêlant esprits et divinités à des bagarres de chats jusqu’à une affaire d’état pour un Alien. Affaires que devra donc gérer la pauvre petite Yurie qui s’est vue, du jour au lendemain, attribuée les pouvoirs d’une déesse. Rien que ça. Mais ces fantaisies n’empêchent pas l’anime de proposer un ton très chill, où les amourettes de jeunesse vont venir s’entre-mêler à sa nouvelle vie de divinité lycéenne. Le tout dans un magnifique cadre de ville côtière japonaise, bien appuyé par ses superbes décors. Le chara design très propre – et assez mignon – aide aussi beaucoup. La réal parvient enfin à rendre le tout cohérent ensemble et arrive parfaitement à banaliser le surnaturel dans notre quotidien. La présence de petits yokais par-ci de-là et le caractère assez “terre à terre” de la série font vivre ce mélange particulier. On pourrait le comparer aujourd’hui à un Flying Witch et ça serait assez juste malgré des différences fondamentales. Ne serait-ce parce que Yurie vit bien plus de péripéties que Makoto qui vit vraiment juste sa petite vie de sorcière. Mais du coup l’expérience Kamichu est plus qu’agréable en sachant aussi bien être drôle qu’émouvant, avec ce feeling tranquille qui sait faire apprécier la simplicité du quotidien. Ah et Yurie c’est un peu une petite mémé alors qu’elle a genre 15 ou 16 ans, mood que je partage pas mal.

12 épisodes (+ 4 OAVs) | Brain’s Base

Konohana Kitan : Débuté durant sa diffusion en automne 2017, on peut dire que j’ai pris mon temps pour voir la série. Et pourtant, dès le départ j’étais sous le charme de cet iyashikei fantastique avec ces esprits renards travaillant dans une grande auberge à onsen visitées par esprits et autres yokais en tout genre, voire des divinités. Sa protagoniste, Yuzu, est adorable comme tout malgré sa maladresse, et surtout caractérisée par sa grande gentillesse. Les autres personnages ne manquent pas de personnalité comme la passionnée Ren ou la protectrice Satsuki. Mon long visionnage s’explique avant tout par l’histoire et certains moments plutôt émouvants. Chaque épisode propose d’ailleurs une ou deux récits différents qui parfois s’entremêlent. On profite ainsi de la diversité des visiteurs venant au Kokohana-tei dans une multitude de situations. Et même si j’ai fait une longue pause sur l’anime pour son côté émouvant, il ne faut pas non plus minimiser ses aspects plus doux. Déjà, le design des personnages est globalement très mignon, ça se voit direct. Il y a aussi pas mal d’humour, et ça ne vient jamais perturber les moments plus dramatiques. Enfin, il faut souligner les qualités visuelles de la série dans son ensemble qui propose toujours quelque chose de très propre avec de superbes décors. Il y a notamment un passage automnal sur la fin qui m’a régalé les yeux. En iyashikei fantastique, Konohana Kitan se pose comme un très bon représentant du genre et réussi à peu près tout ce qu’il entreprend. Très plaisant quand on est amateur de ce type d’œuvre, je suis bien content de ne pas avoir lâché cette petite pépite !

12 épisodes | Lerche | Crunchyroll

Sorcière en Formation : Honnêtement, j’ai bien aimé Sorcière en Formation. Surtout parce que c’était joliment mignon et que c’était un peu ma caution moe dans les parutions française depuis l’année dernière. Et puis il y a ce côté “jeune sorcière qui commence sa formation dans un environnement inconnu” qui rappelle joyeusement l’excellent Flying Witch. Donc ouais, je suis plutôt bon client d’un titre pareil. Surtout que sa protagoniste, Neko, est très chouette à suivre, entre ses gaffes et sa bonne humeur. Néanmoins, tout n’est pas impeccable et si je suis venu pour le côté mignon, j’ai rapidement regretté une propension à faire un peu trop de “fan-service” coquin par-ci par-là. On reste loin d’un vrai manga ecchi ou du mélange ignoble de mignon-sexy d’un Hinako Note, mais il y a quand même des passages olé olé pour montrer un personnage en sous-vêtements. Je me serais d’ailleurs bien passé du teckel slash démon slash semi-maitre de Neko qui ramène un stéréotype très lourdingue des années 2000 : le perso ouvertement pervers à outrance. Cet aspect trop horny du manga est tel qu’il a presque ruiné ma lecture du tome 4 tant il y est présent.
Dommage, car à côté le titre ne manque pas de qualités. Il y a tout d’abord son graphisme très mignon, donc, joliment amené par Hama. Ses pages couleurs sont très jolies, tout comme les couvertures (j’adore celles des tomes 2 & 4). Et même si le dessin peut manquer un peu de panaches quand il y a de l’action, ça reste globalement efficace et sait transcrire l’expressivité de ses personnages, en particulier Neko qui peut sortir de sacrées bouilles. Maintenant je suis curieux de jeter un oeil à ‌The Necromancer Maid, le nouveau titre qu’elle illustre et qui s’est conclut cet été. Enfin, il y a l’histoire qui reste interessante et chouette à suivre. Ok, il y a le perso Minamine qui est assez relou, surtout au début où c’est excessif. Mais derrière le récit propose de bonnes réflexions sur le fait d’avoir un grand rêve à accomplir de sa vie et des difficultés que l’on pourra rencontrer pour y parvenir. Ça manque clairement de subtilité par moments, notamment la fin qui peut sembler assez artificielle. Mais dans l’ensemble ça marche et j’ai été attentif à ce qu’a pu me raconter le manga à ce niveau, ce que je retiens comme une réussite.

5 Tomes | Sako Aizawa (scénario) & Hama (dessin) | Soleil Manga


Jeunesse passionnée

Si tu tends l’oreille : Et bah je ne m’attendais pas à être autant charmé par ce film, qui doit venir se classer facile dans mon top 3 de mes Ghibli préférés du coup. Tout s’est joué dans l’atmosphère du titre qui exprime à merveille la candeur d’une jeunesse passionnée. Genre la protagoniste et son caractère bien prononcé, appuyé par une imagination débordante, est génial dans sa manière d’être détachée des autres en étant dans sa bulle. Il y aussi cette romance, complètement prévisible à des kilomètres et niaise à souhait, qui offre une intrigue particulièrement sucrée sans tomber dans l’excès. Mon appréciation vient certainement de mon attrait pour toutes les fictions traitant de la jeunesse et de ces périodes charnières où l’on apprend à se construit et à s’investir dans ce qui compte pour nous. Si tu tends l’oreille est en tout cas un très bon représentant de ce trope, un peu à la manière de Kiki la petite sorcière, un de mes autres Ghibli préféré. Je vois même Souvenirs goutte à goutte comme son exact opposé, puisque bien plus terre à terre avec son feeling de “oui bah dans la vie on fait pas toujours ce qu’on veut, puis c’est comme ça et puis c’est tout” terriblement fade. Pour celui-là, je me permets quelque réserves sur mon interprétation (je le compare surtout parce que je l’ai vu quelques semaines avant). Juste que s’il m’a paru bien convenu et morne, Si tu tends l’oreille est au contraire pétillant et coloré, invitant au rêve et à tracer notre propre route. Et je trouve ça tout de suite plus sympathique, ça donne le sourire et met du baume au coeur, ce dont on ne se privera pas en ce moment je pense.

Studio Ghibli | Netflix

I Want to Deliver Your Voice : Il y a des visionnages qui ne marquent pas vraiment mais n’en sont pas moins agréables, et Kimi no Koe est de ceux-là. Il a un joli cadre général, notamment son vieux café un peu rétro dans lequel se trouve la station de radio au centre de l’intrigue qui est assez classe. Le délire autour de la radio et de la musique est d’ailleurs plutôt cool quoiqu’un peu simpliste. Mais le film se rattrape pas mal avec son adorable protagoniste pleine d’énergie et de bonnes ondes qui fait grave plaisir à suivre, d’autant qu’elle a un agréable caractère bien trempé. Y a bien le final qui fait vraiment trop clip promotionnel pour…les bienfaits de la musique (?) qui m’a gêné. Et c’est d’autant plus marquant quand on sait que le film a permis de lancer un groupe composé des seiyus des personnages principaux. Alors je ne sais pas dans quel sens se sont faites les choses, mais peu importe parce que le film est soit une très sympathique pub ou alors une belle histoire à laquelle s’est agrafé en catimini une pub.

MADHOUSE


Des films qui font peur

Us : Au départ il y avait Maitre Griffou qui forçait pour me montrer des sketchs de Key & Peele, duo comiques américains. Et bah c’était bien drôle, globalement assez fin avec des idées bien trouvées, le tout joliment réalisé. Et c’est cool parce que l’un des deux membres, Jordan Peele, fait aussi des films depuis quelques années. Enfin des films d’horreur/thriller/je sais pas quoi ça fait peur en gros. Donc pas grand chose à voir avec les sketchs courts évoqués plus tôt. Mis à part qu’ils sont tout aussi géniaux.
On retrouve déjà ce soin porté à l’ambiance, qui est déjà bien maitrisée dans les sketchs (genre comme celui-ci). Dans Get Out, premier film du genre par Jordan Peele, c’était aussi un des gros points forts. Mais Us semble passer un cran au-dessus en sachant jouer l’oppression de différentes manières, en nous angoissant par la menace, le lieu ou la situation. Il y a plus d’ironie aussi, et un humour étonnamment bien présent malgré tout (pareil, il y en avait déjà dans Get Out mais pas dans cette proportion). À tel point que le film, sans devenir une comédie, peut être assez drôle à voir par moments (et le père aide pas mal à ça). C’est pas plus mal, perso je trouve que ça allège un peu une histoire assez prenante et surtout pesante. Pour résumer celle-ci, disons qu’une famille américaine venait passer des vacances dans une vieille maison familiale et qu’ils se sont retrouvés ennuyés par des gens pas très sympas. Et, sérieusement, faites pas la même erreur que moi en lisant le synopsis qui spoil un “twist” qui survient certes très tôt dans le film mais qui perd pas mal de sa saveur quand on le connait déjà. Sinon, l’histoire a une écriture plus complexe que dans Get Out, plus linéaire. Dans Us, le récit est plus cryptique, morcelé et demande davantage d’attention de notre part pour reconstruire son puzzle. Bon et je compare beaucoup les deux films parce qu’ils sont très proches en terme de genre, mais chacun sait être efficace dans leurs idées. Que de chouettes découvertes ici, de l’humour à la flippe.

Monkeypaw Productions

Sans un bruit 1 & 2 : Peu friands en films “qui font peur”, j’ai tout de même était bien servi récemment. Après Us pour Halloween, c’est Sans un bruit que j’ai visionné en bande (car c’est plus rigolo et donc moins effrayant). L’atmosphère du film m’a là aussi rapidement happé, avec tout un jeu sur l’ambiance sonore qui est tenu de bout en bout. Pas de surprise, le titre l’indique, tout se joue sur le silence. Les monstres sont ici attirés par le moindre bruit et il faut donc les limiter au maximum avec une multitudes de stratagèmes (vis en sous-sol, chemins de sables…). Le silence devient alors une constante avec des sons généralement étouffés car clairement on entend presque rien du tout la plupart du temps, pas même de bruissements de feuilles, de vent ou de légers bruits de pas. Ça permet de contraster encore plus les sons plus élevés et surtout de nous choquer tout autant. Le concept est là et pour de l’horreur ça marche plutôt, tenant en haleine pendant tout le film. À noter la présence d’un séduisant John Krasinski (Jim dans The Office) à la barbe saillante qui réalise, co-écrit et interprète un des protagonistes du film. Et joue d’ailleurs un père de famille dont la femme est interprétée…par sa femme dans la réalité véritable. La dimension familiale de l’histoire apporte un réel plus, permettant de raconter plus que juste des gros monstres effrayants attirés par le bruit. Ça révolutionne rien mais, hé, ça marche et c’est déjà pas mal.
Petit bémol cependant sur la suite. S’il reste aussi efficace sur son concept (qui se renouvelle assez peu par contre), j’ai été moins happé par l’histoire qui tombe trop souvent dans des travers de “personnages bêtes”. Je veux bien être conciliant, mais certains choix font assez absurdes voire irresponsables, en particulier Marcus le gamin qui cherchait juste la merde faut croire ? Apparemment un trois est en production, avec peut-être quelque chose de différent (une autre famille ?) et l’univers du film reste assez riche pour proposer des histoires interessantes (en particulier sur l’aspect fin du monde et survie, déjà bien mis en scène dans le premier).

Platinum Dunes | Prime Video


Instant coup de coeur

Girls Last Tour : Mon expérience avec Girls Last Tour a été entamée en 2017 avec son anime, et elle s’est achevée tout récemment avec la conclusion de son manga, publié par Omake Books. Et elle me laisse dorénavant avec un sentiment étranger, à la singularité propre à cette œuvre si atypique. On est toujours dans ce voyage sans destination avec deux jeunes filles qui continuent de faire leur petite vie dans une monde immense et vide, vraisemblablement ravagé par la guerre. Ce postulat continue d’offrir son récit de “vie après la fin du monde” et ce qu’il peut bien diable rester à vivre. Cette base toute simple propose ainsi moulâtes réflexions profondément existentielles sur l’humanité, sur l’importance de la Mémoire et comment chacun essaye de donner un sens à sa propre vie. Des sujets complexes et vastes que le manga parvient tout de même à aborder avec une certaine simplicité mais surtout une agréable légèreté. Loin d’être un manga pompeux aux longues réflexions lyriques, Girls Last Tour est même étonnamment drôle et assez doux dans son ensemble. Cela ne l’empêche pas d’être par moments très durs à avaler, je me souviens du tome 3 qui m’a fait faire une bonne pause tellement sa lecture m’avait mis mal. Mais son ton tranche assez fortement avec ce qu’il raconte.

C’est là une des grandes qualités de ce titre, appuyée par une esthétique tout aussi unique. Mêlant traits simplistes et prononcés, avec des designs très sobres pour des décors immensément froids et chaotiques, la patte de Tsukumizu se sent tout de suite. Tandis que nos deux héroïnes ressemblent à d’adorables patates (surtout Yuu), elles évoluent dans un environnement aux dimensions absurdes aux architectures tantôt irrégulières tantôt parfaitement rectilignes. L’aspect noir & blanc du manga amplifie cette dimension “monde mort” qui était aussi très visible dans l’anime avec sa très colorée palette de gris. Ah et on retrouve un peu partout une esthétique très liée à la guerre. Que ce soit les tenues des protagonistes similaires à des soldats, leur auto-chenille ou encore la présence par-ci et là d’armements, tout comme Yuu qui possède et maitrise un fusil.
Tous ces éléments permettent de mettre en place la magie de Girls Last Tour. La désolation de ce monde est d’autant plus mis en lumière par la naïveté de Chito et Yuu qui peuvent être fascinées par ce qui nous semble d’un banal absolu. Mais c’est ce contraste qui permet d’offrir des réflexions aussi riches sur nos modes de vie actuels et notre avenir. Des thématiques qui m’ont paru d’autant plus actuelles pour ma part, puisque je suis franchement pas très optimiste à notre futur proche sur tout un tas de points sociaux, politiques et environnementaux. Du coup, voir ce manga me montrer à quel point certaines choses si simples de la vie pouvaient avoir une immense valeur, ça a plutôt fait bien mouche. Se concluant enfin dans un dernier volume d’anthologie et un final splendide pour tout ce qu’aura été Girls Last Tour.
Honnêtement, c’est assez difficile de parler de ce titre tant il se résume avant tout à une expérience qui peut s’avérer extrêmement personnelle. Pour ma part, j’ai adoré même si ce fut par moments difficile tellement ça peut donner l’impression que notre existence est…futile et misérable. Mais ça met aussi en exergue ce qui la rend belle et la peine d’être vécue. Si vous êtes en quête d’une petite claque existentielle, alors sa lecture devrait vous ravir. L’anime est aussi une très bonne mise en bouche que je recommande chaudement, étant toujours ma série préférée de 2017. Oh et pour le manga, il y a un coffret sympa qui vient de sortir pour s’y mettre ou faire un chouette cadeau !

6 Tomes | Tsukumizu | Omake Books

Ted Lasso (Saison 2) : Mais quelle merveille cette série. Rien que pour elle je suis heureux que Apple TV+ existe, vraiment. C’était probablement ma plus grosse attente de l’été, même en incluant les animes, tant sa première saison avait su être phénoménale à tous les niveaux. Et on repart direct avec un merveilleux épisode centré sur Dani Rojas avec toujours les même bons ingrédients : bienveillance et un humour ravageur. Mais cette suite ne se contente pas d’être en mode “on prend les mêmes et on recommence”, très loin de là. Tout ce qui a été accompli dans sa première saison lui permet d’aller bien plus loins sur de nombreux points, en explorant en profondeur certains personnages. Jusqu’à même remettre en “question” le personnage de Ted Lasso, monument central de la série, notamment via l’arrivée du docteur Sharon. Ça donne d’excellentes réflexions sur comment être une bonne personne, le devenir comme le rester. C’est vraiment la thématique principale de la série, avec un brassage large : amours, masculinités toxiques, relations parentales et santé mentale. Au point que si le cadre est clairement footballistique car on suit la vie de ce club anglais, le sujet majeur de Ted Lasso c’est bien l’humain. Enfin ne vous en privez pas juste par désintérêt pour ce sport, il reste très peu présent de manière concrète (on voit sans doute à peine 5 minutes de matchs à tout casser sur toute la saison 2).

Mais si la série sait transmettre de belles choses, elle sait tout autant le faire avec la manière. Et quelle manière !! Il y a des folies créatives dans tous les sens, que ce soit le fabuleux épisode sur Beard qui a une ambiance complètement hors du temps, ou celui qui a su rendre “Never Gonna Give You Up” émouvant. Oui. Oh et puis il y a le merveilleux épisode de Noël qui est probablement une des plus belles choses que j’ai pu voir dédié à cette fête et à ses valeurs. L’humour reste aussi excellent, avec des dialogues toujours très bien sentis et un sens du rythme quasi parfait. Ça sait caler et enchainer des vannes sans pour autant gêner la narration. Et ses personnages sont toujours magnifiques, géniaux, merveilleux et attachants. En particulier Roy Kent qui a un caractère particulièrement brut mais aussi incroyablement fun, à sa manière.
J’ai désormais hâte de voir la troisième et dernière saison – normalement – de la série en 2023 pour voir ce qu’ils ont concocté pour sa conclusion. Surtout quand on voit la manière dont ils ont su exploiter tout ce qui avait été installé durant la première saison, avec leurs personnages et leurs évolutions. Une pépite de bienveillance qui me rappelle Mob Psycho 100 et Anima Yell dont les approches diffèrent mais où la volonté de transmettre du positif à son entourage est omniprésente.

12 épisodes | Doozer | Apple TV+

Love Live Superstar! : Ce fut ma seconde expérience de la saga après la parenthèse Nijigasaki et le bilan est là encore très positif. Visuellement déjà, on est sur quelque chose de très maitrisé. Le design des personnages est soigné et me parait plus “naturel” que les précédentes séries. Ça s’explique notamment par la mise en retrait de Yūhei Murota à ce poste, le character designer historique de la franchise. S’il reste à leur conception, c’est Atsushi Saitō qui s’est chargé de l’adapté pour l’anime. Un changement qui fait du bien pour ma part puisque le style précédent ne me plaisait guère, même si les différences actuelles sont assez subtiles. L’animation, ensuite, est aussi de très bonne facture même si les séquences en CGI des concerts restent un poil moyenne à mes yeux, surtout en comparaison de Nijigasaki qui était quasi impeccable à ce niveau. Après c’est surtout que celle-ci faisait un usage plus inventif et malin de cette CGI, avec des phases de concerts plutôt ambitieuse qui en mettaient pleins les yeux niveau mouvements de caméras. Superstar est plus statique ce qui permet mieux de voir les imperfections, mais elles restent assez mineures donc passons. Retenons plutôt les merveilles décors (en particulier l’espace du food truck de Chisato !!) qui ont vraiment profité d’un traitement aux petits oignons pour le plus grand plaisir de nos yeux. Il y a même certains moments qui donnaient presque l’impression que la série cherchait juste à flex avec ses beaux décors (je pense à ces passages où des persos vont discuter à l’extérieur alors qu’ils pouvaient très bien rester en intérieur).

Mais si la forme était top, le fond n’était pas en reste avec toujours des personnalités bien marquées et attachantes. La différence fondamentale avec les précédentes saisons étant le nombre réduit du cast principal, qui passe neuf “school-idol” à seulement cinq. Un schéma qui, appuyé par le cadre scolaire, n’a directement rappelé les séries estampillées Kirara (Anima Yell!, Kiniro Mosaic, Yuyushiki et surtout K-on!) que j’affectionne tant. J’étais plutôt en terrain familier, donc. Mais c’était surtout plaisant parce que ses personnages sont intéressants, à l’image de sa protagoniste Kanon qui est traversée par de fortes anxiétés malgré un talent indiscutable pour le chant. J’ai également adoré Sumire, grande gueule un peu extravagante qui ne parvient pas à sortir de l’ombre en étant éternelle second rôle. Elle a la chance de se voir consacrée deux épisodes (le 4 et le 10) lui rendant bien honneur et elle a développé une relation d’amour-hainte avec Keke qui ravit les adeptes du shipping (et moi-même au passage). Le seul point noir, et pas des moindres malheureusement, reste la gestion des séquences dramatiques. Love Live! Superstar! manque cruellement de subtilité par moments, en appuyant des “dramas” plus que nécessaire et à la pertinence douteuse. L’épisode 10 manquait ainsi de nuances et n’a su s’exprimer qu’au travers de tirades plus ou moins disputées. Mais le pire reste le traitement de Ren, membre du conseil des élèves, qui s’oppose à la création d’un club d’idoles parce qu’après tout pourquoi pas. Un scénario annexe vraiment mal amené, rendant Ren juste lourde et agaçante pour la moitié de la série. Heureusement, c’est un défaut que j’ai vite oublié tant la série reste pétillante et fun à côté. Il y a vraiment de bonnes interactions entre les personnages (même avec Ren une fois le drama réglé), notamment la vieille amitié entre Kanon et Chisato. Ou encore Sumire et Keke qui forment une parie formidable à elles deux parce que la moindre de leur interaction même les plus mineures est une merveille de la nature aussi drôle qu’adorable mais je crois que je m’égare.

Y a un bout d’épisode au début (ça spoil pas spécialement) mais vous pouvez skip direct à 20 secondes pour avoir le début de l’ending

Musicalement, et il m’a fallu un peu de temps pour m’en rendre mais vu comment je ponce les chansons depuis deux mois il me faut être honnête : c’est plutôt sympa. Pas toujours transcendant mais il y a une variété appréciable, ce à quoi il faut ajouter une vraie qualité vocale des chanteuses qui ont vraiment de belles voix. J’ai surtout adoré Non Fiction! dans l’épisode 10 ou encore Tiny Stars pour le troisième. Et j’ai aussi un gros gros coup de coeur pour l’ending, certainement un de mes préférés de l’année tant je l’aime pour son visuel et sa musique.
Voilà ce qu’il en est pour Love Live, franchise que j’avais esquivé pendant de longues années et que je suis heureux de découvrir depuis Nijigasaki. Hâte maintenant de retrouver ses personnages dans une très probable saison 2 (et ensuite un film, si on suit le modèle jusque là entrepris par les précédentes saisons). Malgré quelques déboires, j’ai tout de même passé de très bons moments devant cette série rafraîchissante et colorée.

12 épisodes | Sunrise | ADN


Et ce sera tout pour cette fois ! Toujours satisfaisant de parler de belles choses que l’on a aimé, surtout concernant Love Live! Superstar! que je continue de savourer au traver de la multitude de fanarts que sa commu produit chaque jour (notamment pour Sumire/Keke). Plutôt content d’avoir proposé une certaine variété avec des vieilles séries, du manga mais aussi des films et même une série live. Là-dessus je suis bien aidé par les copains du “ciné-club” avec qui on mate chaque samedi un film tiré au hasard dans notre watchlist. Je découvre du coup pas mal de belles choses que je n’aurais pas pensé ou osé voir seul (genre Us et Sans un Bruit je regarde pas seul oh je suis pas fou j’aime pas avoir peur).

Sur ce je m’en vais retourner à mes occupations, en espérant sortir un autre article pour la fin d’année, peut-être ? Je travaille sur plusieurs trucs en tout cas. J’annonce rien pour pas prendre de risques mais voilà, j’espère réussir à tout sortir !

Sociologue des weebs. Se nourrit de moe et d’iyashikei. Anima Yell c’est l’amour.

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