Comme la fois précédente, ce second opus revient sur certaines de mes lectures récentes que j’avais envie de commenter. Avec deux fins de série, un point sur une parution en cours et une anthologie, les formats sont assez variés. D’autres auraient pu s’ajouter (je pense à #Gal x Gal Yuri dont j’aime beaucoup l’évolution) mais ils auront leur place dans un prochain article que je vais tenter de finaliser avant la prochaine canicule. Mais vu la longueur que fait déjà cet article, pour un format censé être « court », je me dis que ces quatre-là sont déjà bien suffisants.
Bonne lecture !
Ruridragon (jusqu’au chapitre 48)
Suivre la série cette dernière a été une expérience souvent étrange, avec parfois certains doutes sur les nouvelles perspectives qu’elle se dessinait petit à petit. Le rythme de parution reste erratique et n’arrange pas à apporter de la consistance à un récit qui amorce clairement son évolution la plus ambitieuse depuis ses débuts. Un constat qui ne doit pas enlever l’importance de cette flexibilité dans la parution de ce titre longtemps marquée par les soucis de santé de son auteur, donc si celle-ci lui permet de poursuivre la série dans les meilleures conditions possibles, alors c’est bien là ce qui compte le plus.
Pour en revenir à la petite dragonne, on « ressort » (c’était il y a plus d’un an maintenant, il me semble) d’un arc de festival sportif absolument magistral et devrait servir de final brillant à la future adaptation anime à venir chez Kyoto Animation. Depuis, le titre s’est mis à approfondir un aspect jusque-là assez succinct de l’œuvre : son lore. Dans un premier temps, ça ne m’a pas vraiment rassuré tant j’étais attaché à l’aspect ancré dans le quotidien du récit, de ses tranches de vie banale teintées par les exubérances draconiques de son héroïne. Surtout, c’est prendre le risque de gâcher un peu la magie de cet univers où les dragons semblent exister sans trop de détails. Un flou confortable que la série vient progressivement faire la mise au point.

Je reste encore sceptique de certains éléments, notamment la nouvelle importance prise par Ruri qui était, jusque-là, « juste » une ado qui s’apparente à avoir un dragon comme père. L’arc est encore en cours, donc c’est encore un peu tôt pour totalement s’affirmer sur la tournure que prend l’histoire. Les chapitres de ces derniers mois m’ont tout de même rassuré sur certains aspects, notamment en montrant un peu mieux où l’auteur veut emmener son œuvre. Même si l’échelle du récit semble partie pour être bouleversée, il parvient à maintenir sa touche qui le rend si « humain » et c’est plutôt une bonne chose.
À voir où les prochains chapitres vont nous emmener, mais cette évolution surprenante est prometteuse et efface au fur et à mesure mes craintes initiales.
No Gyaru in This Class
On reste sur MangaPlus avec le petit bonbon de Shigure Tokita qui s’est terminé le mois dernier, après un peu plus de 2 ans de publication. Un titre simple qui réussit très bien ce qu’il cherche à faire, ici en montrant le quotidien de plusieurs lycéens qui cherchent à incarner au mieux des archétypes qu’ils admirent. Gyaru, donc, mais aussi playboy, séducteur, fille ultra mignonne ou de bonne famille, avec tous en commun le fait qu’ils n’ont à la base absolument rien à voir avec ces personnalités.
Une base propice aux quiproquos et beaucoup de comiques de situations, notamment avec une ironie bienveillante sur ces personnages qui essayent d’incarner des personnalités qu’ils ne maîtrisent pas totalement. C’est surtout vrai au début du manga, même si cet aspect s’édulcore au fur et à mesure que cette source de gags se tarit. Peut-être un peu mon seul « regret » envers le titre, de voir son concept initial s’effacer petit à petit pour laisser place à une construction plus standard où, même si le côté « jouer comme tel archétype » reste en fond, on finit par avoir, justement, un groupe composé d’archétypes bien définis.
Mais le reste ? Juste merveilleux. Oh, ne vous attendez pas au manga du siècle, mais si vous cherchez juste une petite sucrerie à grignoter sur le pouce, alors on est sur de la qualité artisanale de haut niveau. Le titre respire le wholesome en permanence, ses personnages sont confrontés à extrêmement peu de frictions et tout conduit plutôt à leur faire vivre de bons moments, et nous avec. Le dessin très minimaliste, avec de fortes tendances chibi par moments, y est pour beaucoup aussi. C’est joli et mignon, avec des planches légères et agréables à lire. Et si j’ai reproché au titre de perdre un peu de son mantra initial, il garde tout de même une forte personnalité grâce à l’extravagance de son écriture. Mon running gag préféré, c’est le talent démesuré de Subaru dans tout le domaine sportif, ce à quoi tout le casting réagit simplement par des « wouah trop forte !! » avec de larges sourires. Puis il y a ce chapitre vers la fin qui part dans une ode mémorable aux dramas boy’s love thaïlandais et fantastique parodie bordélique à souhait. Qu’il arrive juste après une des rares pauses de la série pour que « l’auteur puisse faire quelques recherches pour la suite du manga » rend la chose encore plus amusante (le chapitre confirmant que, wow, effectivement, des recherches approfondies ont été menées).
Peu de titres vont aussi bien à l’essentiel que celui-ci et c’est pourquoi chaque chapitre avec sa bande d’idiots heureux fut un bon moment à passer. Curieux de lire d’autres œuvres de l’auteur désormais, notamment Don’t Blush, Sekime-san! dont j’ai eu de bons retours et quelques autres titres qui ont tous l’air marqués par cet irrésistible attrait pour les récits tout doux.

How Do I Turn My Best Friend Into My Girlfriend?
Autre fin de série avec celle de How Do I Turn My Best Friend Into My Girlfriend?, dont j’avais déjà parlé la fois précédente. Peu emballé jusque là, le tome 3 m’avait remis dedans, du moins en partie, et j’étais curieux de la direction de la série jusqu’à sa fin. Si cette seconde moitié s’est révélée, elle n’a pas fait de miracle pour rattraper le reste et, dans l’ensemble, je dois dire avoir trouvé le manga assez moyen.
Dommage, car le fluff yuri c’est mon truc, j’en suis extrêmement bon client. Mais l’histoire est ici trop plate, trop banale et peine à se démarquer dans le genre de la romcom lycéenne (même parmi celles yuri). C’est frustrant car il y avait des pistes à exploiter, comme un casting de personnages secondaires sympathiques mais vraiment trop anecdotiques. Des romances secondaires étaient pourtant possibles (dont une clairement mentionnée au début de l’œuvre).
Globalement, la série a manqué d’une vraie bonne dynamique entre ses héroïnes alors que c’est là tout le sel de ce type de récit. Il y a bien le « twist » sur Yuzu qui améliore justement ce point, mais j’aurais préféré qu’il soit amené bien plus vite. Déjà, parce qu’il était assez évident. Aussi pour son exécution très sommaire, qui met à mal la cohérence du personnage depuis le début, principalement la faute à une certaine facilité d’écriture là-dessus.
C’était sympathique comme lecture, tout de même. Il reste une bonne base et un dessin très propre tout du long. On est simplement sur ces titres « sympa mais qui auraient pu être mieux si ». Si la relation des héroïnes avait été mieux écrite. Si le casting secondaire avait été mieux développé. Un manque d’audace plutôt qu’un manque d’originalité, avec une histoire mignonne mais beaucoup trop sage qui se cantonne aux poncifs de la tranche de vie lycéenne. Mais j’ai trop peu ressenti cette étincelle habituellement présente dans ces romances pour pouvoir le recommander plus que ça.

Gal to Jimiko ga Koi wo Suru Seishun Yuri Anthology
On termine avec une anthologie de one-shots yuri centrés sur du Gyaru x Jimiko. « Fashion girl x Pas fashion girl », pour le traduire simplement. Elle n’est pas encore intégralement traduite, mais j’ai déjà pu lire 5 des 7 one-shots qui la composent. Principalement des histoires sympathiques jouant sur ce trope de personnalités diamétralement opposées, mais avec pas mal de variantes. C’est ce qui est chouette avec ce genre de thèmes pour des anthologies, qui donnent un cadre bien spécifique tout en gardant une certaine liberté dans les histoires à développer derrière. Dans le même genre, Tonari no Seki ga Suki na Hito Datta: Gakusei Yuri Anthology était une très chouette compilation d’histoires courtes sur des voisines de classe.
Pour en revenir à nos amourettes de fashion et moins fashion, la plupart sont bien sympathiques en jouant tantôt sur des relations naissantes et d’autres débutant soudainement. Dans le lot, je retiens surtout les 3 premières :
- The Distance Between me and That Girl / Watashi to Ano Ko no Kyori, de Sakuragi Ren. C’est la seule auteurice de l’anthologie dont j’ai lu d’autres mangas (Anémone Flamboyante) et j’étais curieux de lire son one-shot. L’histoire se déroule durant la journée de remise des diplômes de ses héroïnes, en jouant vraiment à fond la carte des opposés contraires qui vont soudainement se rapprocher après s’être tournés autour durant toutes ces années. C’était très mignon et montre plutôt bien les qualités de la mangaka qui sait vraiment faire de belles histoires (quand elle n’intègre pas des tropes nazes comme de l’age gap). Le dessin n’est clairement pas sa faiblesse, je reste fan de son trait fin et élégant qui donne des pages pétillantes et souvent adorables. De quoi me donner l’envie d’essayer sa dernière série, Tsuki wa Hitsuji wo Kazoenai (The moon doesn’t count sheep), dont la publication a brusquement cessé suite à son annulation (bordel).
- How to Get Your Feelings Across! / Tadashii Heart no Todoke-kata! par Sometime est celui qui m’a fait découvrir et donné l’envie de lire cette anthologie. Cette fois, on suit le couple nouvellement né entre les deux protagonistes suite à une erreur de la Jimiko, ayant accidentellement offert ses chocolats de la Saint-Valentin à la gyaru intimidante du lycée, plutôt que random-mec-nul (j’invente rien, c’est dans le texte). Une relation basée sur un quiproquo mais dont l’aboutissement est évidemment une romance absolument adorable. Sûrement mon coup de cœur du recueil pour l’instant. En seulement vingt pages, l’histoire parvient à être très complète sans trop survoler les différents aspects de la relation de ses héroïnes. Côté dessin, c’est très propre avec un trait précis et détaillé. L’esthétique globale reste un peu banale, même si j’ai bien aimé le contraste très appuyé dans le design des deux protagonistes. C’était une découverte de la mangaka pour ma part12, même si je la connaissais déjà de nom et avais déjà croisé plusieurs de ses fan-arts de Cosmic Princess Kaguya. J’en ressors conforté dans ma curiosité d’aller lire les œuvres de cette autrice.
- Cherries on the Sleeve / Sode ni Sakuranbo d’Okapaya est une jolie petite histoire sur deux camarades qui se retrouvent en charge de fabriquer les accessoires pour une pièce de théâtre réalisée par leur classe. L’histoire est très simple, sans même un poil de drama, et se concentre sur l’évolution de la complicité entre ses protagonistes. J’ai beaucoup aimé cette simplicité qui donne toute sa place à leur relation en la rendant très touchante. Autrement dit, c’était absolument adorable. C’était aussi appréciable de les voir partager des intérêts communs mais les exprimer différemment tout en respectant ces différentes approches. Le style graphique m’a rappelé celui de Hiro (l’auteur d’Akebi-chan) en plus doux, et moins malaisant. Une belle découverte.
Les deux autres offraient aussi des histoires plaisantes (même si le côté possessif sur la 4ème c’est toujours un truc qui me met un peu mal à l’aise), avec toujours des styles de dessin maîtrisés. Hâte de découvrir les dernières histoires, en espérant qu’elles soient prochainement traduites.

Et en vrac
En juin, j’ai eu la chance d’écrire un papier sur une sélection de mangas à thématiques queer à l’occasion du mois des fiertés. Un mélange de 5 nouveautés et de 5 « classiques » (notion très relative tout de même) qui est à retrouver sur IGN France. Une occasion parfaite pour que je tape un peu dans ma PAL en lisant enfin certains titres qui y trainaient depuis trop longtemps. Pour le détail, je vous renvoie vers l’article, mais dans le lot je retiens surtout ces titres :
- Éclats d’âmes, superbe récit façon kaléidoscope sur les identités queer et leurs vécus.
- Ma Façon d’Aimer, un one-shot sur l’aromantisme et l’asexualité très instructif et plaisant à lire. Mon petit chouchou de la sélection !
- Entre nos mains, enfin lu ce yuri extrêmement plébiscité et c’était effectivement très bien ! Une histoire douloureuse qui tient merveilleusement avec ses personnages qui tentent malgré tout de trouver un échappatoire à leurs problèmes.
- What did you eat yesterday ?, de Fumi Yoshinaga je n’ai essayé que Tamaki & Amane mais j’avais bien aimé sa manière d’écrire ses personnages. Donc une tranche de vie BL sur des quadragénaires et leurs repas du quotidien ? Évidemment que j’ai adoré !
C’est tout pour ce – long – second volet. Le précédent était plus court car je reprenais essentiellement des retours de lectures déjà postés sur Instagram mais que j’avais envie d’étayer (et de rendre dispo plus proprement sur une plateforme que je contrôle). Ce n’est pas le cas ici et ça explique certainement pourquoi je me suis un peu plus étalé. Oups. Cela importe peu, l’essentiel de ce « format » est d’être le plus flexible possible pour me permettre de parler facilement de mes dernières lectures. Il n’a pas vocation à être régulier et encore moins exhaustif, ce qui est à mon avis pour le mieux. Le prochain sortira peut-être en aout, peut-être l’année prochaine. On verra bien !

- Alors actually non parce qu’elle a aussi signé un one-shot dans les anthologies de Lycoris Recoil (Repeat, tome 1, chapitre 13). Un one-shot ok-tier surtout dans l’océan de mid qu’était ces anthologies. ↩
- Actually du actually ! J’avais aussi lu Yuri de Tero wo suru Manga en 2021. Un one-shot de 4 pages sur des « yuri-rorists » qui déjouent les plans d’un ministère grâce à la puissance du yuri. Marrant. ↩




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